Lettre d'information de l'Association Autogestion n° 53 - Septembre 2016

Politique et

réalités sociales

L’état et ses serviteurs « socialistes » viennent de découvrir que la direction d’Alstom entendait liquider le site de production de Belfort. Cette surprise surprend. L'état est actionnaire à hauteur de 20 % du capital de la société. Chacun sait que n’importe quel actionnaire possédant 5 % d’une société est parfaitement informé de la marche de l’entreprise et de ses choix à court ou long terme. D’un autre côté, aucun dirigeant d’entreprise ne se risquerait de prendre une décision de fermeture d’un site de production sans en informer ses actionnaires « stratégiques ».

L’avenir de la production de trains doit revenir à ceux et celles qui les produisent, à ceux et celles qui les conduisent, à ceux et celles qui les utilisent

Une conférence nationale devrait être réunie pour élaborer un plan rail au service de la population. Elle devrait réunir 1) les cheminot(e)s et leurs organisations syndicales qui sont en mesure d'établir les besoins et les améliorations à apporter dans la conception des locomotives qu’ils et elles conduisent et les trains où ils et elles travaillent ; 2) les salarié(e)s des sites de production et leurs organisations syndicales qui peuvent déterminer les capacités productives et les coûts réels de production, en écartant toutes les opérations financières hasardeuses et coûteuses des directions en place ; 3) les usager(e)s et les collectivités.

Un plan de sauvetage d'Alstom est possible. C’est à une restructuration complète de l’entreprise à laquelle il faut s’atteler. Le modèle en vigueur a fait faillite. Ni l’état ni le Capital n’ont le souci de l’intérêt général. Une autre légitimité doit s’imposer : celle des producteur(trice)s et des citoyen(ne)s.

Se battre pour reprendre les entreprises

C'est ce que font les salarié(e)s d'Ecopla qui, après avoir exercé leur droit d'alerte sur les agissements de l'actionnaire principal, ont élaboré avec l'Union régionale des Scop un plan de reprise conservant les 65 emplois : les pouvoirs publics – encore eux ! – ne les ont pas écoutés. La boîte est désormais en liquidation et le tribunal a préféré vendre les actifs que de les confier aux salarié(e)s qui leur avait pourtant opposé un projet de reprise. Le « repreneur » ne reprend aucun emploi et veut déménager les machines…

Ecopla, Alstom même combat

Ce sont des entreprises toujours plus nombreuses de par le monde qui sont reprises par leurs salarié(e)s. Ces multiples exemples nous montre que des salariés savent mieux diriger leur unité de production que des actionnaires extérieurs à l'entreprise : à trois ans, une Scop a trois chances sur quatre d'exister encore alors qu'elle n'est que de deux sur trois pour une entreprise classique ; 22 % d'entre elles ont plus de 20 ans d'existence alors que les autres entreprises ne sont que 18 % dans ce cas.

C'est pourquoi l'autogestion n'est pas la solution pour les seules PME en difficulté. C'est à la fois une résistance et une construction en devenir qui concernent également, sous des formes particulières, les grandes entreprises comme Alstom.

Fin octobre, l'Association Autogestion participera à la 2e Rencontre euro-méditerranéenne de « l’économie des travailleurs » à Thessalonique dans les locaux de VioMe. Elle fait suite à celle de 2014 qui s'était tenue dans les locaux de Fralib à Gémenos. Sauf que maintenant, on ne les appelle plus les Fralib, mais les Scop-TI. L'histoire avance...
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Colette Web

Sur le site, ces derniers jours...

pictureEcopla : les salariés exigent l’intervention du gouvernement

Ecopla, c’est l’histoire d’un désastre industriel, d’une PME régionale qui disposait d’un savoir-faire unique en France et dont les salariés n’ont jamais été écoutés, en dépit du droit d’alerte dont ils disposent et qu’ils ont exercé. Ecopla, c’est aujourd’hui un combat de salariés pour maintenir une production dans l’espoir de voir cette entreprise repartir et se développer.

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pictureLa Révolution espagnole, les collectivisations en Catalogne (1936-1939) 1ère partie

A l’occasion du 80e anniversaire de la Révolution espagnole, nous publions en deux parties un article sur les collectivisations en Catalogne (Richard Neuville, 2009)*.

« Pour qui arrivait directement d’Angleterre, l’aspect saisissant de Barcelone dépassait toute attente. C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. […] Tout cela était étrange et émouvant. Une bonne part m’en demeurait incompréhensible ; mais il y avait là un état de choses qui m’apparut sur-le-champ comme valant la peine qu’on se battît pour lui. » George Orwell Continuer la lecture

pictureUn village d’éco-inventeurs, pour développer des outils libres au service de l’écologie et de l’intérêt général

En dépit d’un jugement défavorable du tribunal de commerce de Grenoble, les anciens salariés d’Ecopla basée à Saint-Vincent-de-Mercuze ne baissent pas les bras et occupent leur usine pour empêcher le déménagement en Italie des machines de la dernière unité de production de barquettes en aluminium. Ce jeudi 30 juin, ils tenaient une conférence de presse sur le site où des habitants de la région et de nombreux élus de tous bords sont venus leur apporter leur soutien. Continuer la lecture

pictureéléments d’analyse des conflits sociaux en Argentine

Il n’est pas besoin de partager les orientations politiques, « libertaires », de l’auteur pour apprécier ce récit des résistances et des luttes en Argentine, cette histoire « vue par le bas », cette restitution de la complexité et des contradictions qui traversent les résistances populaires, ces analyses de la place du péronisme…

Je souligne le choix judicieux d’un récit non linéaire. Guillaume de Gracia procède par allers et retours dans le temps, ce qui donne une épaisseur particulière aux événements. Une forme adéquate à la restitution des contextes. Continuer la lecture

pictureLa socialisation des multinationales – le cas de Sanofi

Le Séminaire Appropriation sociale tiendra son prochain débat sur

La socialisation des multinationales à partir d’un travail sur le cas de Sanofi

le samedi 24 septembre de 9h30 à 16h
Bourse du travail – Salle Jean Jaurès
3 rue du Ch√Ęteau d’eau – 75010 Paris
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pictureLa police s’en prend à la « caravane de lutte et de solidarité » de VioMe après une rencontre sans résultat avec le vice-ministre du travail

Les travailleurs de l’usine occupée et autogérée VioMe de Thessalonique et de Roben à Veria, avec des sympathisants venant de toute la Grèce, ont commencé leur « caravane de lutte et de solidarité » vers Athènes le mardi 31 juin dans l’après-midi, pour protester contre l’inaction du gouvernement et sa mauvaise volonté de légaliser le fonctionnement les deux entreprises récupérées. Continuer la lecture

pictureEcopla : « l’état ne peut être schizophrène »

En dépit d’un jugement défavorable du tribunal de commerce de Grenoble, les anciens salariés d’Ecopla basée à Saint-Vincent-de-Mercuze ne baissent pas les bras et occupent leur usine pour empêcher le déménagement en Italie des machines de la dernière unité de production de barquettes en aluminium. Ce jeudi 30 juin, ils tenaient une conférence de presse sur le site où des habitants de la région et de nombreux élus de tous bords sont venus leur apporter leur soutien. Continuer la lecture

pictureAppel à la participation aux 2e Rencontres euro-méditerraneénnes de l’économie des travailleurs

De Palente à Thessalonique... La situation en Grèce est catastrophique. Certes ! L’Union européenne y mène une politique criminelle. Certes ! Le 2e gouvernement Tsipras… Certes ! Les conditions dans lesquelles s’ébrouent les alternatives autogestionnaires concrètes sont extrêmement défavorables. Certes ! … Certes ! … Certes ! Et pourtant elles tournent… L’usine autogérée Vio.Me à Thessalonique, où s’organisent les 2e rencontres euro-méditerranéennes de l’économie des travailleur-euses, sera leur point de ralliement les 28, 29 et 30 octobre prochains. Continuer la lecture

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