« Ici, on apprend à parler et à écouter, pas la soumission » : bienvenue au lycée expérimental de Saint-Nazaire

Lycée Saint NazaireImaginez une école où les cours ne sont pas obligatoires, où il n’y a ni notes ni contrôles, où les élèves participent à la gestion de leur établissement, et où il n’y a pas de violences. C’est le quotidien du lycée expérimental de Saint-Nazaire qui a ouvert ses classes il y a trente ans. Mis en place pour répondre aux manques de motivation et à l’échec scolaire, cet établissement alternatif accueille chaque année 150 élèves, dont de nombreuses « gueules cassées » de l’Education nationale. Accompagnés par une vingtaine d’enseignants, ils construisent eux-mêmes leur formation et choisissent les matières qu’ils souhaitent étudier, des apprentissages classiques jusqu’à la climatologie ou la physique nucléaire. Une découverte très concrète de l’autonomie et de la démocratie.

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Nationalisation et/ou contrôle ouvrier ?

direct action 1919Nationalisation et/ou contrôle ouvrier ? Cette question, une partie du mouvement ouvrier britannique se la pose au début du 20e siècle. Le terme de contrôle ouvrier (worker’s control) est parfois ambigu dans la culture politique britannique puisqu’il peut signifier tout à la fois le contrôle ouvrier ou ce que nous appelons l’autogestion qui dépasse le simple contrôle. En fait, en anglais, c’est le contexte qui en précise le contenu, avant que l’usage, peu répandu, de self-management apparaisse.

Les deux premières décennies du 20e siècle sont  marquées, au Royaume-Uni par une forte mobilisation sociale. À l’été 1910, Tom Mann, dirigeant syndical, publie une brochure The Way to Win où il défend l’unité syndicale et le contrôle ouvrier et même la gestion de toute la société par les syndicats, perspective rejetée par le Labour Party. Son influence atteint les franges les plus radicalisées du mouvement syndical. Plusieurs directions syndicales revendiquent le contrôle  conjoint entre l’État et les syndicats dans les entreprises publiques ou à nationaliser. D’autres demandent que les consommateurs soient également associés à ce contrôle ou à cette gestion. Le syndicat des postes élabore également un plan précis d’autogestion du service public où, dans un premier temps, la gestion est partagée entre l’État et les syndicats.

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Poder sin Poder – Un webdocumentaire sur l’autogestion

podersinpoder2Deux jeunes journalistes, Edith Wustefeld et Johan Verhoeven, ont réalisé un voyage d’une année qui les a conduit à étudier plusieurs expériences autogestionnaires en Espagne et en Amérique Latine. Un site web permettait de suivre leurs différents reportages que nous avons souvent relayés sur notre site. Ils nous restituent aujourd’hui leurs expériences au travers d’un webdocumentaire interactif qui permet à l’internaute d’évoluer comme il l’entend avec le parcours qu’il construit lui-même à partir de quatre têtes de chapitre : Culture, Travail, Résistance et Education.

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Sauver les emplois, en créer d’autres

AssembléenationaleLe 25 juin se tiendra un colloque à l’Assemblée nationale sur le thème « Sauver les emplois, en créer d’autres ». A partir de la loi dite de « sécurisation de l’emploi » qui a resteint les possibilités de résister aux licenciements collectifs, des juristes et des entreprises en lutte ayant un projet de reprise ou d’appropriation sociale viendront témoigner. Après une nouvelle présentation du projet de loi de préemption des salariés en cas de cession de l’entreprise défendue par les députés du Front de gauche, un nouveau débat tâchera de dessiner des perspectives d’avenir avec des salariés qui ont transformé l’essai en reprenant leur entreprise sous forme coopérative (SCOP TI et La Fabrique du Sud) en engageant la discussion sur de nouvelles formes d’entreprise.

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Juin : De Hollande au Venezuela…

Coup sur coup, François Hollande a visité deux SCOP issues de luttes sociales emblématiques, la Fabrique du Sud (ex-Pilpa) et la SCOP-TI (ex-Fralib) en célébrant « l’histoire d’une lutte, d’une volonté, d’un espoir ». Après la première visite d’Emmanuel Macron réservée à la plus grosse SCOP industrielle de France, Acome, il n’y aucun doute que ces entreprises sont devenues un véritable phénomène de société qu’aucun exécutif ne peut plus ignorer. Et pourtant, de nombreuses luttes sociales – Goodyear Amiens, la papeterie de Docelles – portent des projets de SCOP et restent bloqués par le non respect d’une promesse électorale, celle de la loi Florange qui devait obliger un groupe qui souhaite fermer une usine à la mettre en vente et à la céder au plus offrant… De même, lors du congrès du PS à Poitiers, Benoît Hamon a expliqué que si la loi Macron était adoptée, la reprise en Scop par les salariés de leur entreprise, comme l’ont fait les ex-Fralib, ne serait plus possible.

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1971 : Grève active à la Clyde

ucsLe gouvernement conservateur d’Edward Heath décide de fermer les chantiers navals de Glasgow dont l’État est actionnaire significatif. Les salariés prennent alors le contrôle de l’entreprise et honorent le carnet de commande en cours. Après 16 mois de lutte, le gouvernement cédera et apportera les fonds nécessaires à la poursuite de l’activité.

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Entretien avec une coopanamienne

coopanameEntretien avec Noémie de Grenier, qui assure la co-direction générale de la Coopérative d’Activité et d’Emploi Coopaname, autour du projet de cette SCOP-SA. Un point de vue politique sur l’économie.
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L’Institute for Workers’ Control (1968-1980)

iwc1Pendant près de 20 ans, l’Institut for Worker’s Control (IWC) a défendu, au Royaume Uni, le drapeau du contrôle ouvrier et de l’autogestion dans les syndicats et les partis de gauche, notamment au sein du parti travailliste. Ses membres ont influencé de nombreuses luttes ouvrières dans ce sens. Un héritage à ne pas oublier.

L’IWC a été fondé en 1968 lors de la 6e conférence sur le controle ouvrier qui s’est tenu l’université de Nottingham à l’initiative de Michael Barratt Brown, Ken Coates et Tony Topham. Dans les années précédentes, de nombreuses  autres conférences, sous le label Workers’ Control,  avaient eu lieu, toujours avec la participation de syndicalistes, de membres de la gauche du parti travailliste et d’universitaires. En 1965, deux conférences auront lieu  dont l’une avait pour thème « l’ouverture des livres de comptes » qui sera pendant plusieurs années un thème de campagne de l’IWC. La même année, le groupe  de travail de Sheffield produit un plan détaillé pour le contrôle ouvrier dans la sidérurgie et les docks.

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Ex-Fralib : Lancement de SCOP-TI et de 1336

vignette2Un an après la signature de fin de conflit avec le géant Unilever, les anciens salariés de Fralib, devenus sociétaires de la coopérative SCOP-TI, présentaient leurs deux nouvelles gammes de produits. Les machines vont prochainement reprendre du service afin de remplir les rayons des distributeurs pour l’automne, période propice à la consommation des boissons chaudes. Une nouvelle histoire d’une production éthique et écologique est en train de s’écrire.

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Collectivisations industrielles durant la révolution espagnole (2/2)

collectivitatfustaMême si c’est dans les campagnes que les socialisations anarchistes les plus systématiques ont eu lieu, la révolution a aussi été une réalité dans les villes. En Espagne à cette époque, au moins deux millions de personnes, sur une population totale de 24 millions, travaillaient dans l’industrie, 70 % de celle-ci étant concentrée sur une seule région, la Catalogne. Ici, dans les heures qui ont suivi l’offensive fasciste, les travailleurs ont pris le contrôle de 3000 entreprises. Ceci incluait tous les services de transport, de livraison, d’électricité et d’énergie, de gaz et de traitement des eaux, les usines d’automobiles et de mécanique, les mines, les cimenteries, les usines de textile et de papiers, les centrales chimiques et électriques, les usines de bouteilles en verre, les parfumeries, l’agro-alimentaire et les brasseries.

Suite de la première partie.

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