Marguerite Tinayre (1831-1895)

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Née Marguerite Victoire Guerrier à Issoire dans le Puy de Dôme, elle est issue d’un milieu bourgeois aisé et républicain. Elle bénéficie d’une bonne éducation. En 1856, elle obtient le brevet de capacité qui va lui permettre, outre de devenir institutrice, d’ouvrir à Issoire une école libre de jeunes filles. Elle va vouer une véritable passion à l’enseignement et développer une pédagogie active alliant instruction intellectuelle et professionnelle.

En 1858, elle épouse Jean Tinayre, un Clerc de notaire, avec qui elle aura 6 enfants. Le couple part s’installer, par la suite, dans la région parisienne. Elle dirige alors des écoles libres à Neuilly, Bondy et Noisy le Sec. Marguerite se fait également écrivaine et sort deux romans en 1864, sous le pseudonyme de Jules Paty, marguerite et rêve de Femme, dans lesquels ses idées sociales apparaissent en arrière-plan.

En 1866, elle s’installe dans le XIIIe arrondissement qui est un quartier pauvre. Elle y met en place une école professionnelle pour les filles.

Militante socialiste, elle veut agir concrètement en ce sens. Elle fonde en 1867, avec son frère, son beau frère et des amis, une coopérative de consommation pour les plus démunis, la Société des Équitables de Paris, qu’elle fait adhérer à L’Internationale et à la Chambre fédérale des Sociétés ouvrières. A partir de l’année suivante, elle prend part aux réunions publiques pour y porter la parole socialiste. Durant le siège, on la retrouve dans les clubs où elle plaide pour la mise en place de coopératives et pour l’instauration d’une instruction publique, gratuite et laïque, pour tous. Dans le même temps, elle continue à œuvrer à l’éducation des défavorisés.

Durant la Commune, Marguerite milite ardemment en faveur de l’émancipation des femmes, notamment au sein de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins des blessés. Elle continue aussi à se battre sur le terrain de l’enseignement. Le 11 avril, elle est nommée inspectrice des écoles de filles du XIIe arrondissement et s’investit pleinement dans sa fonction. Elle s’efforce de mener le plus rapidement possible le processus de laïcisation. Elle serait à l’origine des propositions, parmi les plus innovantes en matière d’éducation.
Durant la Semaine sanglante, elle s’occupe des blessés. Le 26 mai, elle est arrêtée sur dénonciation. Son mari, qui ne partage pas ses idées politiques, voir même qui est plutôt partisan des Versaillais, a le malheur de venir s’enquérir de son sort. Il est aussitôt mis aux arrêts et fusillé. Elle est pourtant, elle même relâchée dès le lendemain. Elle est à nouveau de suite recherchée, mais elle réussit à gagner Genève où elle trouve refuge avec ses enfants. Elle est condamnée par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée pour avoir exercé une fonction sous la Commune, en tant qu’institutrice.

Durant son exil, elle gagne sa vie comme gouvernante puis comme préceptrice auprès d’une famille noble en Hongrie, où elle séjourne jusqu’à une remise de peine dont elle bénéficie en novembre 1879.

De retour en France, elle continue à œuvrer dans ses activités pédagogiques. Elle écrit sous le nom de Jean Guêtré avec Louise Michel deux romans, Misère et Les méprisées. La collaboration des deux grandes dames aurait été conflictuelle.

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