Prendrons nous les usines?

spartacus 46 couvertureNous avions déjà traité des comités de gestion de la Libération à propos de la sortie du livre de Mencherini sur Marseille  (1944, Marseille, l’an I de l’autogestion). Nous continuons aujourd’hui avec Prendrons nous les usines ? édité par les éditions Spartacus en 1948[1]. Cette brochure est constituée en réalité de deux textes, de volume quasiment identique : d’une part celui de Suzanne Charpy apparaissant comme auteur, d’autre part l’introduction de Pierre Bernard intitulée « vers la gestion ouvrière ». Au moment de la parution, nous sommes alors en 1948, les expériences des comités de gestion sont terminées, et les comités d’entreprise sont juridiquement institués. Moment important : s’agit-il d’une continuité, ou d’une sorte de retour à un ordre où le patron récupère le pouvoir de gestion et de direction. Les auteurs sont des praticiens, des militants.

Suzanne Charpy, avait commencé à militer dans la gauche des jeunesses socialistes et était chargée en 1935 dans la fédération socialiste de la Seine du travail en direction des femmes et des entreprises. Gagnée au trotskysme, elle évolue à nouveau vers la SFIO dont elle est membre à la Libération et continuait à suivre le travail dans les usines, plus particulièrement des comités d’entreprise après 1950.[2] Continuer la lecture

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Appel à la participation aux 2e Rencontres euro-méditerraneénnes de l’économie des travailleurs

VioMetDe Palente à Thessalonique

La situation en Grèce est catastrophique. Certes ! L’Union européenne y mène une politique criminelle. Certes ! Le 2e gouvernement Tsipras… Certes ! Les conditions dans lesquelles s’ébrouent les alternatives autogestionnaires concrètes sont extrêmement défavorables. Certes ! … Certes ! … Certes ! Et pourtant elles tournent… L’usine autogérée Vio.Me à Thessalonique, où s’organisent les 2e rencontres euro-méditerranéennes de l’économie des travailleur-euses, sera leur point de ralliement les 28, 29 et 30 octobre prochains.

On occupe des entreprises, on se saisit de l’outil de travail, on remet en marche la production et on rédige des plans alternatifs. On voit ainsi se manifester ce que Marx désignait comme le «triomphe» de l’«économie politique du travail» sur l’«économie politique de la propriété». À la fois projet, programme et pratique sociale, l’autogestion n’est pas seulement la musique d’un avenir incertain, c’est aussi, au coeur même de la société telle qu’elle est, qu’elle joue sa partition quand des groupements et des mouvements sociaux s’emparent des biens communs et du possible.

Alors tous et toutes à Thessalonique !

Patrick Silberstein

Honte au penseur qui se mutile, / Et s’en va, chanteur inutile, / Par la porte de la cité ! / Le poète en des jours impies / Vient préparer des jours meilleurs. / Il est l’homme des utopies ; / Les pieds ici, les yeux ailleurs. / C’est lui qui sur toutes les têtes, / En tout temps, pareil aux prophètes, / Dans sa main, où tout peut tenir, / Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue, / Comme une torche qu’il secoue, / Faire flamboyer l’avenir ! (Victor Hugo, « Les Rayons et les ombres »). Continuer la lecture

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Autogestion et transformations technologiques (2/2)

critique socialisteL’automation peut-elle permettre la liberté? C’est à cette question que répondait l’article d’Yvon Bourdet que nous publions aujourd’hui. La révolution technologique, écrivait-il à l’instar de Pierre Naville (Vers l’automatisme social  ?, 1963, rééd. Syllepse, 2016), «ouvre les possibilités d’un accroissement des moyens de production et d’autodétermination et [permet] d’adjoindre à la critique du Capital, celle des […] labyrinthes […] qui entretiennent la coupure de classe de la société  ». Il faut, bien entendu pour que cette révolution débouche sur une révolution émancipatrice que les mouvements sociaux intègrent ces nouvelles données dans leurs programmes et dans leurs pratiques et qu’ils s’emparent des leviers de commande.

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1336 jours, des hauts, débats mais debout: un film de Claude Hirsch

1336jours-Hirsch« Dans une entreprise, si vous n’avez pas de salariés déterminés, mobilisés avec des représentants qui le sont autant, des syndicats comme ceux que vous avez à Fralib, vous pouvez mobiliser tous les moyens juridiques que vous voulez, prendre les meilleurs avocats, vous êtes certains de ne pas aboutir à des résultats intéressants. »
Amine Ghénim, avocat des salariés de Fralib.

Tel pourrait être le fil conducteur de ce deuxième film de Claude Hirsch sur le combat des Fralib : 1336 jours, des hauts, débats mais debout. Ce film relate avec précision le déroulé de la lutte des Fralib qui a constamment articulé les actions visant à faire connaître la lutte, à débloquer une situation ou empêcher un état de fait, au processus juridique qui ralentissait la fermeture programmée de l’établissement. Continuer la lecture

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Juin : Pourquoi adhérer à l’Association Autogestion ?

L’Association Autogestion n’a d’autres ressources que les cotisations et l’activité bénévole de ses membres dans cette période où souffle de nouveau le vent de la contestation des pouvoirs établis.

Le site, http://www.autogestion.asso.fr/, véritable mine d’informations sur l’autogestion «hier, aujourd’hui, demain», est désormais consulté par des milliers d’internautes qui y puisent des idées pour les luttes d’aujourd’hui.

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Autogestion et transformations technologiques (1/2)

L’automatcritique socialisteion peut-elle permettre la liberté? C’est à cette question que répondait l’article d’Yvon Bourdet que nous publions aujourd’hui. La révolution technologique, écrivait-il à l’instar de Pierre Naville (Vers l’automatisme social  ?, 1963, rééd. Syllepse, 2016), «ouvre les possibilités d’un accroissement des moyens de production et d’autodétermination et [permet] d’adjoindre à la critique du Capital, celle des […] labyrinthes […] qui entretiennent la coupure de classe de la société  ». Il faut, bien entendu pour que cette révolution débouche sur une révolution émancipatrice que les mouvements sociaux intègrent ces nouvelles données dans leurs programmes et dans leurs pratiques et qu’ils s’emparent des leviers de commande.

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Nuit debout est arrivée à Castelnaudary

castelnaudaryPas de quoi en faire un scoop et pourtant c’est un petit et grand événement pour Castelnaudary. Depuis deux semaines, nous avons une Nuit Debout. Même une fois par semaine, soyons modestes, c’est un événement qui permet de mesurer l’impact qu’a pris Nuit Debout dans la vie sociale et politique française.

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Correspondance Castoriadis – Pannekoek (1953-1954), deuxième lettre: Réponse au camarade Pannekoek

cast-panCastoriadis souligne son accord avec Pannekoek sur la question de l’«autonomie de la classe ouvrière» et exprime son désaccord sur le rôle du parti révolutionnaire.

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Pédagogie artistique alternative

OES1On parle souvent de pratiques « Alternatives » dans les arts visuels, mais on en voit rarement. C’est pourquoi la création d’Open School East (OSE) à Londres en septembre 2013, une école d’art gratuite et participative, doit être méditée. Conversation avec une des ses fondatrices, la critique et commissaire, Anna Colin.

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Correspondance Castoriadis – Pannekoek (1953-1954): Première lettre de Pannekoek à Castoriadis

pan-castLes deux théoriciens sont arrivés à une conclusion commune en suivant des trajectoires différentes : le contenu réel du socialisme est le contrôle du travail par les travailleurs eux-mêmes.

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